Avant de détailler leur palette gustative, un détour par leur identité s’impose. Car derrière la simple étiquette se cache une mosaïque de sols, d’expositions et d’histoires.
Ici, le vignoble s’épanouit en dehors du Mont Brouilly, sur des flancs plus doux, baignant dans un climat tempéré. Résultat : des vins séduisants par leur accessibilité et leur fraîcheur immédiate, ambassadeurs du Beaujolais plaisir.
Ce terroir volcanique donne naissance à des vins singuliers, à la structure plus affirmée, souvent cités pour leur tension minérale et leur élégance racée.
Au premier regard, le Brouilly présente de superbes reflets cerise, parfois presque pourpre dans la jeunesse. Sa robe claire est caractéristique du Gamay vinifié en structure souple.
Dès le nez, le Brouilly annonce la couleur : fruits rouges frais à foison, notamment la cerise, la fraise ou la groseille, auxquels peuvent s’ajouter des notes plus florales (violette, pivoine) et parfois même une touche de bonbon acidulé ou de pêche.
L’attaque du Brouilly est souple, aérienne, presque gourmande. Sur le palais, il dévoile une matière soyeuse, très fruitée, avec des tanins légers et ronds. Il séduit par une buvabilité remarquable, une structure où l’acidité reste maîtrisée, favorisant la sensation de fraîcheur et de dynamisme.
Plus intense visuellement, le Côte de Brouilly affiche des nuances rubis à grenat, empreintes de bleuté dans sa jeunesse. Ce reflet est souvent associé à la concentration et à la minéralité issue de la pierre bleue.
L’ensemble offre une remarquable élégance olfactive, tout en retenue et en profondeur.
Le Côte de Brouilly se distingue immédiatement par une matière plus dense, enveloppée d’une structure droite et équilibrée. Les tanins sont présents, mais raffinés ; la minéralité prolonge la bouche et assure une belle fraîcheur. Ce vin se remarque par sa capacité à allier richesse, verticalité et longueur. Il a même la réputation d’être “l’un des crus les plus racés du Beaujolais” selon La Revue du Vin de France.
Pour illustrer clairement leurs différences, voici un tableau synthétique :
| Critères | Brouilly | Côte de Brouilly |
|---|---|---|
| Robe | Rubis clair, reflets cerise | Rubis à grenat, touche bleutée |
| Nez | Fruits rouges frais, floral léger | Fruits noirs, fleur, minéralité |
| Bouche | Soyeuse, tanins ronds, délicate | Dense, tanins présents mais fins, fraîcheur minérale |
| Arômes secondaires | Réglisse, pêche, épices douces | Graphite, réglisse, cuir, épices |
| Potentiel de garde | 2 à 8 ans | 7 à 15 ans selon millésime |
| Accords gastronomiques | Charcuteries, volailles, salades, légumes grillés | Viandes rouges, gibier, plats mijotés, fromages affinés |
La structure minérale et la profondeur du Côte de Brouilly trouvent leur origine dans la célèbre “pierre bleue”, diorite de la période primaire, rare dans le Beaujolais. Les racines du Gamay y plongent en quête de fraîcheur et puisent de la complexité, donnant cet accent “vibrant”, une saveur pierreuse et saline, signature du cru. Brouilly, plus vaste, bénéficie de plus de diversité pédologique, avec des zones plus argileuses et schisteuses, parfois plus propices à la souplesse, à l’expression immédiate du fruit.
Si la structure du vin se dessine d’abord dans les parcelles, elle se précise aussi au chai. Traditionnellement, les deux crus sont vinifiés en macération semi-carbonique, mais la durée et le mode d’extraction varient :
Il n’est pas rare de croiser sur ces terroirs des vignerons passionnés, parfois depuis plusieurs générations, qui défendent une vision artisanale et fièrement locale de leur cru. Des domaines renommés comme Château Thivin, Domaine des Roches Bleues pour le Côte de Brouilly, ou Château de la Chaize et Laurent Martray pour Brouilly, invitent à déguster sur place, à révéler la personnalité unique de leur terroir. Mais les deux crus s’unissent par leur accessibilité, leur gourmandise et leur potentiel de partage, autour d’une cuisine conviviale aussi bien qu’à l’apéritif ou sur des plats raffinés.
Entre la légèreté accueillante du Brouilly et la profondeur énergique du Côte de Brouilly, il n’existe pas de bon choix absolu : tout dépend du moment, du plat, de l’envie du jour (ou de la météo du Beaujolais) ! Les deux sont des portes ouvertes sur la richesse du Gamay et, plus largement, sur l’art de vivre chaleureux de cette région. L’essentiel : goûter, comparer, échanger et, surtout, profiter du plaisir de la découverte.
Sources consultées : Inter Beaujolais (vinsduBeaujolais.com), La Revue du Vin de France, Vin & Société, Le Monde, Livres « Beaujolais, Cradle of Crus » (Jules Chauvet), Guide Hachette des Vins.
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