Plantées entre 200 et 500 mètres d’altitude, les vignes des crus forment une bande de collines courant sur environ 45 km, du sud de Mâcon à la ville de Villefranche-sur-Saône. Tandis que les appellations Beaujolais et Beaujolais-Villages s’étendent plus largement, les crus du Beaujolais regroupent dix villages ou secteurs précis, qui bénéficient d’une reconnaissance AOC séparée depuis 1936-1938 (source : BIVB – Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne).
| Nom du cru | Superficie (ha)* | Commune(s) | Style dominant |
|---|---|---|---|
| Saint-Amour | 315 | Saint-Amour-Bellevue | Fruité, floral, gourmand |
| Juliénas | 595 | Juliénas, Jullié, Pruzilly, Emeringes | Puissant, épicé, corpulent |
| Chénas | 256 | Chénas, La Chapelle-de-Guinchay | Fin, floral, rare |
| Moulin-à-Vent | 660 | Romanèche-Thorins, Chénas | Charnu, noble, de garde |
| Fleurie | 870 | Fleurie | Délicat, floral, charmeur |
| Chiroubles | 315 | Chiroubles | Élégant, léger, frais |
| Morgon | 1 100 | Villié-Morgon | Généreux, dense, fruit noir |
| Régnié | 400 | Régnié-Durette | Fruité, souple, croquant |
| Brouilly | 1 200 | Saint-Lager (+ 6 villages) | Léger, fruits rouges, polyvalent |
| Côte de Brouilly | 320 | Quatre communes sur la colline de Brouilly | Structuré, minéral, racé |
* Les superficies sont approximatives et issues du Comité Interprofessionnel du Beaujolais
Tous les crus du Beaujolais sont issus pour l’essentiel du cépage Gamay noir à jus blanc. Ce cépage précoce, qui a trouvé dans les sols granitiques du Beaujolais son terroir d’élection, donne des vins souples et fruités, mais particulièrement capables d’offrir des styles très contrastés selon le cru d’origine. Une vraie démonstration de l’importance du terroir ! C’est également ce cépage qui fait la signature d’une couleur rubis profonde, d’un profil aromatique souvent marqué par la cerise, la groseille, la pivoine, mais aussi des notes parfois minérales, épicées ou animales selon les sols.
Ce qui rend les dix crus vraiment uniques, c’est la diversité de leurs terroirs :
Chaque cru tire ainsi parti de son micro-climat, offrant une mosaïque de saveurs et de structures. Le Beaujolais est l’un des rares vignobles où l’on peut ressentir aussi précisément l’effet du terroir sur un seul cépage. (Source : Beaujolais.com, LRVF, Guide Hachette des Vins)
Plus septentrional des crus, voisin du Mâconnais, Saint-Amour séduit par ses notes de fruits rouges frais (cerise, groseille), d’épices douces et de violette. Il offre deux styles : le premier, gourmand et tendre, l’autre plus structuré, taillé pour quelques années de garde. Parfait pour des repas de fêtes ou pour un apéritif en toute saison.
Son nom provient de Jules César, et sa réputation de robustesse n’est plus à faire : Juliénas donne des vins charpentés, d’une grande capacité de garde, aux touches d’épices, de pivoine, avec parfois une trame minérale surprenante. Il s’accorde volontiers avec des viandes mijotées ou des plats rustiques de la région.
Moins connu car le plus petit en superficie. Chénas charme par sa subtilité : parfum de rose fanée, d’iris, bouche délicate mais persistante. Son nom évoque l'ancien "chenes" (chênaies) qui occupaient autrefois la région. Il offre parfois un joli potentiel de garde.
Célèbre pour son vieux moulin à vent, ce cru de caractère livre les vins parmi les plus corsés du Beaujolais, parfois comparés à de grands Bourgognes pour leur capacité à vieillir (jusqu'à 15 ans voire plus !). Harmonie entre fruits noirs, violette, épices et tanins puissants : il accompagne parfaitement les gibiers, viandes rôties ou plats raffinés.
Fleurie mérite son nom : la pivoine, la violette, la rose dominent souvent le bouquet. Son toucher en bouche se veut soyeux, charmeur, idéal sur des volailles, des légumes rôtis ou pour un apéritif chic. Un vin qui plaît souvent à ceux qui découvrent le Beaujolais.
Situé entre 300 et 400 m, Chiroubles est le cru le plus élevé : il en résulte des vins aériens, parfumés, d’une fraîcheur irrésistible, adaptés à la belle saison ou à la cuisine simple. Ils ne cherchent pas le muscle mais la vivacité fruitée et le plaisir immédiat.
Peut-être le cru le plus iconique à l’international : Morgon possède un terroir particulier de « roches pourries » (schistes et manganèse) sur la fameuse Côte du Py. Sa structure dense, ses arômes de fruits noirs (prune, cerise), parfois de kirsch et de noyau, gagnent souvent en intensité avec le temps. C’est un excellent choix pour accompagner des plats généreux ou une cuisine automnale.
Dernier né des crus (reconnu AOC en 1988), Régnié offre un style croquant, fruité, au charme immédiat. Groseille, framboise, note florale en tête, c’est le complice parfait des assiettes de charcuterie, des tapas ou des plats d’été. On le surnomme le « Beaujolais de copains » !
Le plus vaste des crus. Il s’exprime par une grande diversité, allant du vin gourmand, léger, à boire jeune, aux Brouilly plus structurés. Fruits rouges, touche de prune, parfois légèrement fumés. Il séduit tout le monde, des novices aux connaisseurs aguerris, et s’adapte à tous les moments de convivialité.
Issu de la colline volcanique de Brouilly, ce cru bénéficie d’un microclimat spécifique et de sols de pierres bleues. Les vins sont plus tendus, minéraux, denses, tout en conservant ce panache fruité propre au Beaujolais. Une belle garde et une superbe association avec des cuisines épicées ou méditerranéennes.
Les dix crus du Beaujolais offrent un terrain inépuisable de découvertes, à travers des styles aussi variés que complémentaires. Qu’on les explore en balade sur la Route des vins, lors d’une dégustation en cave ou à table, ils conjuguent toujours convivialité et authenticité. Oser la comparaison entre deux crus, oser le service légèrement rafraîchi, oser le mariage avec la cuisine du monde : c’est là toute la magie de ces vins de terroir. Pour aller plus loin, rien ne vaut la rencontre avec les vignerons et la découverte sur place de ces paysages attachants, d’un verre à l’autre !
Sources : Beaujolais.com, Comité Interprofessionnel du Beaujolais, Guide Hachette des Vins, La Revue du Vin de France, VITIVINICULTURE, BIVB.
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